Écoles, restaurants scolaires, salles polyvalentes, bâtiments administratifs : les équipements publics pèsent lourd dans la facture énergétique des collectivités. Pour s’assurer que les performances promises à la conception sont réellement atteintes une fois le bâtiment en service, la commande publique dispose d’un outil dédié : le marché global de performance énergétique, ou MGPE. Voici son fonctionnement, ses avantages et les conditions de sa réussite.
Qu’est-ce qu’un marché global de performance énergétique ?
Le marché global de performance est prévu par le Code de la commande publique (article L. 2171-3). Il permet à un acheteur public de confier à un même titulaire — le plus souvent un groupement — la conception et/ou la réalisation d’un ouvrage, associées à son exploitation ou à sa maintenance, avec des objectifs chiffrés de performance. Appliqué à l’énergie, on parle de MGPE.
La différence avec un marché classique est fondamentale : le titulaire ne s’engage pas seulement à livrer un bâtiment conforme aux plans, mais à atteindre un résultat mesuré après livraison, notamment en matière de consommation d’énergie. Sa rémunération est liée à l’atteinte de ces objectifs, avec des pénalités en cas d’écart.

Pourquoi les collectivités y ont recours
- Une garantie de résultat sur les consommations, donc sur les coûts d’exploitation futurs.
- Un interlocuteur unique et une responsabilité claire, au lieu d’une multitude de lots.
- Une cohérence entre conception et exécution : ceux qui s’engagent sur la performance maîtrisent aussi la façon dont le bâtiment est construit.
- Une réponse aux obligations réglementaires : le dispositif Éco Énergie Tertiaire impose aux bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m² de réduire leur consommation d’énergie finale de 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050 par rapport à une année de référence.
Neuf ou rénovation : quels bâtiments concernés ?
Le MGPE s’applique aussi bien à la construction neuve qu’à la rénovation énergétique. Il est particulièrement adapté aux groupes scolaires, restaurants scolaires, crèches, gymnases, salles polyvalentes, maisons de santé et bâtiments administratifs, dont l’usage est connu et régulier, ce qui facilite la définition d’objectifs mesurables.
Comment se déroule un MGPE
- Programmation : la collectivité définit ses besoins, les usages et les objectifs de performance (consommations, confort, qualité de l’air).
- Consultation : les groupements candidats (architecte, bureaux d’études, entreprises, exploitant) proposent un projet et un engagement chiffré.
- Conception : le projet intègre l’enveloppe, les systèmes et les usages, avec des simulations thermiques et des études de consommation.
- Réalisation : le chantier est conduit en veillant à la qualité d’exécution, déterminante pour la performance réelle (étanchéité à l’air, ponts thermiques, réglages).
- Mise en service et suivi : les consommations réelles sont mesurées et comparées aux engagements pendant la période prévue au marché.

Les clés d’un engagement tenu
Tenir un engagement de consommation suppose que la conception, le chiffrage et l’exécution soient parfaitement cohérents. Un écart entre ce qui est dessiné et ce qui est construit se retrouve directement dans les factures d’énergie. Trois leviers sont décisifs :
- L’enveloppe : isolation continue, traitement des ponts thermiques, menuiseries performantes, étanchéité à l’air. Sur l’école des « P’tits Romains », le travail a surtout consisté à reprendre l’ensemble des enveloppes : façades, toitures et étanchéité.
- La conception bioclimatique : orientation, lumière naturelle, protections solaires. À Grenay, sur un site très exigu en limite de propriété sur trois côtés, l’enjeu était de faire entrer la lumière naturelle par une seule façade largement ouverte.
- Le pilotage du chantier : qualité d’exécution, réglages des équipements, formation des utilisateurs.
Notre expérience — AEA Architecte Constructeur a livré 8 références en marché global de performance énergétique, en fonctionnement et conformes aux prévisionnels de consommation annoncés, parmi lesquelles l’école des « P’tits Romains » à Saint-Romain-en-Gal, le restaurant scolaire de Grenay, le groupe scolaire « la Fournache » à Saint-Sorlin-de-Vienne et la maison médicale de Saint-Alban-du-Rhône.
Les points de vigilance pour la collectivité
- Des objectifs mesurables : définir clairement ce qui est mesuré, comment et sur quelle période, en tenant compte de l’usage réel (taux d’occupation, horaires, rigueur climatique).
- Un programme précis : plus les usages sont décrits finement, plus l’engagement est fiable.
- La période de suivi : elle doit être suffisante pour neutraliser les variations saisonnières.
- La complémentarité du groupement : conception, économie de la construction, exécution et exploitation doivent travailler ensemble dès la réponse.

Le rôle de l’architecte constructeur
Dans un MGPE, l’architecte ne se contente pas de dessiner un bâtiment performant sur le papier. Parce qu’il maîtrise l’ensemble de la chaîne — conception, économie de la construction, coordination des travaux et suivi de chantier —, l’architecte constructeur limite les écarts entre l’engagement pris et le bâtiment réellement livré. C’est ce qui permet de passer d’une performance théorique à une performance mesurée.
En résumé
Le MGPE engage le titulaire sur les consommations réelles du bâtiment après livraison. Pour la collectivité, c’est une garantie sur les coûts d’exploitation et un levier pour atteindre ses objectifs de réduction des consommations. Découvrez notre approche du marché global de performance énergétique, nos interventions sur les bâtiments tertiaires et publics, ou présentez-nous votre projet.





